A propos Jean-Michel Boileau

Passionné de F1 et de course auto depuis 1996, je suis tombé en amour avec Minardi en 1997. Les projets avortés et les histoires de coulisses sont mes préférences

F1 et politique

Lors des manches de Formule 2 à Silverstone, le pilote americain Stefano Ferrucci à voulu apposer le logo de campagne du président américain Donald Trump ‘Make America Great Again’ sur sa monoplace ce qui fut refusé par la FIA puisque l’article 10.6.2 (a) du Code Sportif International de la FIA interdit aux concurrents d’apposer sur leur voiture une publicité de nature politique.

Mais comme avec tous règlements, ceux-ci sont sujet à interprétation comme ce fut le cas avec Minardi lors du grand prix de Malaisie de 2003.

Le 20 mars 2003, les premières frappes américaines sont lancée sur l’Irak marquant le début de l’opération Iraqi Freedom, une opération à laquelle s’oppose la Malaisie. Le jour suivant, les essais libres du grand prix débutent et les Minardi arborent la même livrée que lors du Grand Prix d’Australie. Lors d’un souper en compagnie de ministres du gouvernement malais le même soir, l’idée d’apposer un message de paix sur les monoplaces italiennes est discuté avec Paul Stoddart.

Devant obtenir l’approbation des dirigeants de la F1, aucun changement n’est apporté lors de la journée de samedi mais pour la course, le logo d’European Aviation (appartenant à Stoddart) situé sur les pontons des PS03 sont remplacé par l’inscription ‘Malaysia for Peace’.

Afin de ne froisser personnes, Stoddart affima que le slogan n’était pas un message anti-guerre et ne se voulait pas une critique de la politique d’un pays en particulier.

Or, tout au long du weekend, des bannières ‘Malaysia for Peace’ avec l’ajout ‘Stop the War on Iraq’ étaient visible à l’extérieur du circuit de Sepang.

Publicité de nature politique???

Le 4×4 Santana/Suzuki édition F1 de Lois Jeans

Il est de coutume pour une compagnie commanditant une équipe d’ajouter une édition ‘F1’ à sa gamme de produits. De 1987 à 89, la compagnie espagnole Lois Jeans fût commanditaire de Minardi et pour marquer cette association une ligne de vêtements nommé ‘’World Championship Jeans’’ fut lancée.

Mais encore plus surprenant fut l’association avec le constructeur espagnol Santana pour une série limitée de 4×4 Suzuki Samurai SJ413 ‘’Official F1 Lois Car Team’’.

Fondé à Linares (province de Jaén) le 24 Février 1955, Metalurgica de Santa Ana, S.A. œuvre dans la production de machinerie agricole puis signe en 1956 un accord avec The Rover Company Limited pour la production de véhicules Land Rover, le premier modèle Séries II sortant de la ligne de montage en 1958. La coopération continuera pour deux décennies et en 1981 la compagnie changera de nom pour s’appeler Land Rover Santana, SA. Or les problèmes financiers de la British Leyland Motor Corporation Ltd (propriétaire de Rover) force Santana à chercher un nouveaux partenaire, qu’elle trouve en Suzuki avec qui elle signe un contrat en 1982 pour la production sous licences des véhicules de la marques nippone qui prend une participation de 20% dans l’entreprise.

La production des Suzuki 410 par Santana débute en mars 85 ce qui permet à Suzuki de passer outre les quotas de l’union européenne sur les importations de véhicules nippons. En 1987, la production passera au 413/Samurai qui sera choisi par Lois Jeans en 1989 pour sa série limitée nommée ‘Official F1 Lois Car Team’. Offerte au public via les concessionnaires Suzuki d’Espagne, la version ‘F1 Lois’, ne présente pas de différence technique avec la version de série. Les seules différences étant au niveau esthétique, chacun des camions ayant un numéro d’inscrit sur le côté arrière gauche (le plus grand chiffre que j’ai vu est 163), l’inscription ‘Official F1 Lois Car Team’ dans le bas des portières, le logo ‘World Championship Jeans/Formula 1 sur l’aile avant ainsi que l’inscription ‘F1 Team’ sur le capot.

Suzuki augmentera sa participation à 49% en 1991, le constructeur prenant le nom de Santana Motor, SA à ce moment. Malgré le retrait de Suzuki en 1995 (vente de sa participation au gouvernement d’Andalousie), Santana continuera à produire sous licence les produits de la marque jusqu’en 2009. Un partenariat avec Iveco permit à Santana de produire les camions Massif mais les faibles ventes mirent un terme à celui-ci. Le gouvernement d’Andalousie décida de fermer Santana Motor  le 30 décembre 2011.

 

Fiche technique (www.4rouesmotrices.com/fiches-techniques/Santana/fiche_3925_Santana_S_413.php)

 

SOURCE : Lois Jeans, santana-motor.es, 4rouesmotrices.com

L’histoire du Fly Studio

De 1980 à 1982, les monoplace Minardi de Formule 2 se nomment Minardi Fly. Ce ‘Fly’ s’est celui du ‘Fly Studio’, un bureau d’étude créé en 1976 par deux ex-employés de Ferrari, Giacomo Caliri et Luigi Marmiroli.

Diplômé en génie mécanique de la Polytechnique de Turin en 1966, Giacomo Caliri est engagé par Ferrari la même année. Travaillant dans le domaine de l’aérodynamique il supervisera l’intégration de l’aileron arrière sur la F1. Promu directeur technique du programme de voiture de sport, son équipe remporte le championnat du monde (WSC) en 1972 ce qui l’amène dans l’équipe F1 en 74. Une ambiance de travail difficile avec son collègue Mauro Forghieri amène Caliri à demandé sa mutation à Enzo Ferrari, qui le nomme gérant de la piste d’essais de Fiorano.

Luigi Marmiroli intègre le bureau d’étude de la Scuderia en Septembre 1970 après avoir obtenu son diplôme en génie mécanique de l’université de Padoue. Dans ce poste, il introduit le calcul électronique dans la conception.

Cherchant de nouveaux défis, Caliri décide de prendre le chemin de l’indépendance en créant avec Marmiroli son propre bureau d’étude ‘Fly Studio’ en 1976. Se montrant courtois face à au départ de Caliri, le ‘Drake’ Ferrari change d’opinion trois mois plus tard lorsqu’il apprend le départ de Marmiroli, accusant Caliri de lui voler un de ses meilleurs ingénieurs.

Installé dans un immeuble du 16e siècle à Modène (Piazza Matteotti 50), le premier projet du Fly Studio est la transformation d’une Ferrari 365 GT4 2+2 en cabriolet pour l’homme d’affaire Etienne Aigner (également sponsor du pilote Clay Regazzoni). Pour ce faire, les encadrements de pare-brise son renforcés et une  poutre longitudinale installée sur laquelle sont situés les points d’ancrage des toits amovibles qui se rangent sous le plancher du coffre à bagages.

Bien que fier de leur réalisation, les deux ingénieurs rêvent de plus et pour faire connaitre leur bureau, ils envoient une lettre à toute les équipes de F1. Ceci leur procure leur premier client, Loris Kessell. Pilote de l’équipe RAM en 1976, Kessell approche Franck Williams pour un volant en 1977. N’ayant pas de place disponible, Williams lui propose de lui vendre une de ses ancienne FW03 (utilisé en grand prix en 1975). Afin de modifié cette antiquité, Kessell se tourne vers le Fly Studio qui débute la saison 1977 en concevant un nouvel aileron arrière pour la Ensign N177 qui est apporté personnellement à Kyalami (Afrique du Sud) par Clay Regazzoni en provenance d’Italie (il termine 9e lors de cette course).

Prenant plus de temps que prévue, la modification de la FW03 est finalement complétée à la mi-77 donnant naissance à l’Apollon Fly (du nom du commanditaire, un pharmacien), une F1 dont la particularité est d’avoir les entrées d’air des radiateurs placée à l’avant des suspensions avant. Inscrite par le Joly Club Suisse, des problèmes de transport empêchent la participation de l’équipe aux grand prix de Belgique et de France. C’est finalement au grand prix d’Italie à Monza que l’Apollon fait sa première apparition en piste. Au volant d’une voiture qu’il n’a jamais testé, Kessell est à plus de 6 secondes lors de la première qualification et lors de la deuxième séance il sort de piste ce qui marque la fin de l’aventure Apollon en F1.

Malgré cet échec, le Fly Studio est approché à la fin 77 par Emerson Fittipaldi qui souhaite transformer la F5 de son équipe Copersucar en voiture à effet de sol pour la saison 1978. Au volant de la F5A, Fittipaldi inscrit 17 points en 78 ainsi qu’un en 79 (Argentine). Fin 78, l’équipe de F2, Scuderia Everest devient client du Fly Studio, Caliri accompagnant l’équipe lors deux manches hors-championnat en Argentine.

Pour 1979, les 6 employés du Fly Studio (comprenant Caliri & Marmiroli) travaillent avec l’équipe Trivellato en Formule 3, la Scuderia Everest en F2 et conçoivent avec John Gentry, l’ATS D2 pour l’équipe du même nom en Formule 1. Or le travail avec le patron de l’équipe Günter Schmid est difficile, ce dernier se mêlant d’aspect technique comme lorsqu’il exige que des prises d’air de freins arrière soit retiré pour des raisons esthétiques. ATS remplace la D2 par la D3 à partir du gp d’Autriche, la relation avec le Fly Studio, ayant pris fin deux mois auparavant ceci permit au Fly Studio de retourné travailler pour Copersucar, apportant quelques modifications sur la F6 qui n’apportèrent pas de résultats probant en piste. Alors que leur travail avec Copersucar n’a consisté qu’à des modifications sur des conceptions fait par d’autres, le Fly Studio vient bien prêt d’une entente pour concevoir entièrement la future monoplace de l’équipe mais suite à la fusion de l’équipe avec Wolf Racing et l’intégration du concepteur Harvey Postlehwaite le plan tombe à l’eau bien que Fittipaldi aie demandé au studio de continuer à travailler pour lui, mais ne se sentant plus indispensable, l’offre est rejetée.

Qu’à cela ne tienne puisque pour 1980, l’équipe Minardi qui faisait rouler des châssis privé (Chevron, Ralt, March) en F2 sous le nom de Scuderia Everest, décide de devenir constructeur sous son propre nom, le Fly Studio est choisi pour s’occuper de la conception. Mai 1980, la structure de l’équipe Minardi change avec l’arrivé de Caliri, son frère Franco et Marmiroli comme actionnaire.

Ce partenariat verra la création de deux Formule 2 et d’une version modifiée, Minardi Fly GM 75 (1980), Minardi Fly 281 (1981) & Minardi Fly 281B (1982) qui inscriront 1 victoire (Alboreto, Misano 81) 2 autres podium et 1 pole position.

L’année 1983 verra le Fly Studio cesser d’exister, intégré entièrement dans la structure Minardi et Marmiroli quitté pour aller rejoindre Euroracing/Alfa Romeo en F1. Caliri dirigera le côté technique de Minardi pour son entré en F1 en 1985 et ce jusqu’en Juillet 88 quand il sera remplacé dans ce rôle par Aldo Costa. Cherchant un acheteur pour ses parts, il reçoit un appel de Carl Foitek, qui souhaite placer son fils Gregor dans l’équipe. Giancarlo Minardi s’opposa fortement à cette vente et Caliri finira par lui vendre ses parts.

Historique en photos du Fly Studio

 

SOURCE: Corsa 691 4 sept 1979, Rombo 83 #12, Grandprix.com, Minardi F1 Team, www.f400club.com/17405-la-365-gt4-22-fly-studio/

L’arnaqueur arnaqué

Né à Ixelles (Belgique) le 3 février 1961, Marc Guiot intègre la brigade financière de la police judiciaire de Bruxelles dans les années 80. Côtoyant faussaires et fraudeurs, les tentations sont trop nombreuses pour Guiot qui commet escroqueries et autres malversations ce qui lui vaut un procès duquel il s’en tire avec une suspension de peine, ce qui l’oblige tout de même à quitté la PJ.

Début de la décennie 90, il devient clerc de notaire ce qui lui permet de parfaire sa connaissance des sciences juridiques pour devenir huissier de justice. En 2000 il fonde son étude d’huissier qui compte 35 collaborateurs et dont la liste de clients comprend le parquet de Bruxelles, le ministère des finances (qui le charge de traquer les mauvais payeurs) et certains hôpitaux (pour lesquels il récupère des créances).

Or en tant que huissier de justice, Guiot ne peux exercer la moindre fonction commerciale dans le privé. Qu’à cela ne tienne, il trouve des hommes de paille pour ouvrir deux concessionnaires Citroën en région carolorégienne, SA Châtelet Services et SPRL Lobbes Auto Services (sa femme de l’époque sert de prête-nom). Une société immobilière, SA MG Properties complète le lot.

Début 2004, il devient manager de son compatriote Bas Leinders qui est en liste pour devenir pilote d’essais de l’équipe de F1 Jordan. Pour parvenir à cette fin, Guiot est prêt à investir 2 millions d’euros ce qui fait sourciller l’organisme réglementaire qui se demande comment un huissier peux soutenir le pilote a cette hauteur. Ayant vu un pilote avec des poches plus profondes lui ravir le baquet Jordan, Leinders ne peux que se tourné vers Minardi avec qui il signe le 16 Février, un contrat de pilote de réserve qui lui permet également de participé aux séances d’essais libres du vendredi. Les commanditaires du belge étant inexistant, Guiot pique dans la caisse de son étude de huissier pour effectuer les paiements à l’équipe (en entrevue le 3 mars il affirme que le premier versement a été fait grâce à l’appui d’un sponsor d’origine russe sans le nommé). Début Juillet, il affirme qu’un accord tacite a été conclu entre lui, le nouveau sponsor de Bas, GoldenPalace.com et Paul Stoddart pour la titularisation du belge pour son grand prix national (29 Août). Sur cette base, qui ne concrétisera pas, il achète avec l’argent de ses clients, 180 billets dans le village VIP du GP à 1400 euros pièce (soit un total de 252 000 €). Peux avant le GP de Hongrie (15 Août), il quitte ses fonctions de manager de Bas, remplacé par Rick Gorne, qu’il à recommandé.

Comme si ces détournements n’étaient pas assez, en Septembre 2004, Guiot se fait escroquer par des congolais qui souhaitent acheter Minardi. Se déplaçant en voitures munis de plaque diplomatique et protéger par des gardes du corps, les trois hommes ont réussi à mettre le huissier en confiance. Plusieurs rencontre ont eux lieux (qui auraient toutes été fixé via l’ambassade), auxquelles un responsable de Minardi auraient assistés (selon les dires de Guiot). C’est lorsque la question de l’argent fut abordé que les congolais ont piégé le huissier. Ils ont présenté plein de billets de 500 euros qui étaient sécurisé (numéro de série caché) afin que personne ne puisse les utiliser. Pour enlever cette protection, il fallait faire appel à un laboratoire spécialisé qui coûte très cher et Guiot est invité à participer aux frais. Persuadé que l’argent est véridique, il avance un million d’euros pour faire laver 50 millions de faux billets de 500€. Comprenant qu’il s’est fait avoir, Marc retrouve un des arnaqueurs qu’il séquestre avec l’un de ses adjoint, espérant retrouver sa mise. En vain, il remettra ce dernier aux autorités qui ouvriront une enquête. Pour cette expédition musclée, Guiot écopera en 2008 d’une peine de travail par le tribunal correctionnel de Charleroi, sanction qui sera portée à deux ans avec sursis par la cour d’appel de Mons en Août 2012.

Interroger sur la provenance du million par le parquet de Bruxelles, Guiot cherches à renflouer ses caisses et pour ce faire il vend des propriétés immobilières que sa firme MG Properties est chargé de gérer ou de céder à l’insu des propriétaires, ce qui entraînera la faillite de la société en décembre 2007 (jugement du tribunal de commerce de Nivelle). Face au mur, il est prêt a toutes les folies, allant même jusqu’à émettre de faux dinars de l’état du Bahreïn. En trois mois d’enquête, les autorités mirent au jour une série incalculable de magouilles financières du huissier qui fut inculpé le 24 Mars 2005 de détournement par officier public et d’abus de biens sociaux tout en voyant son étude être placée sous administration provisoire et une demande de suspension de ses activités d’huissier pour une durée d’un an être déposé au tribunal des référés. C’es le 15 avril que la procureure Bérangère Hergeman présenta son réquisitoire devant la présidente Aurélie Magerman. Défendu par Mes Alain Vergauwen et Alain Guilmot, Guiot vit la suspension demandée par le parquet être débouter le 10 Mai, le tribunal des référés considérant que la voie disciplinaire devait passer par le tribunal correctionnel.

Utilisant tout les recours à sa disposition afin de retarder son procès, Guiot dont les deux concessionnaires ont fait faillites, épuise 4 avocats avant que son procès ne débute le 8 novembre 2012 devant le tribunal correctionnel de Bruxelles. Se montant à 101, les accusations sont relative à des détournements massifs aux préjudices de ses sociétés mais également de tentative de corruption vis-à-vis d’un fonctionnaire du ministère des finances, d’émission de faux dinars du Bahreïn, de faux documents comptables, de fausses factures, de falsification de ses comptabilités, de blanchiment et de fraude fiscale. Le montant global dont ses victimes de disent préjudiciées est de plus de 7 millions d’euros.

Sans le sou (il paya les honoraires de son dernier avocat en lui cédant l’une de ses villas) Me Guiot plaida lui-même sa cause le 21 Novembre. Ne contestant que quelques une des accusations il sera condamné le 11 janvier 2013 à 2 ans de prison ferme (la requête du procureur Tilliet, compte tenu de l’ancienneté des faits) ainsi qu’à remboursé la somme de 7 millions d’euros à ses victimes. Seule consolation, il sera acquitté de la prévention de corruption vis-à-vis de son contrôleur fiscal.

Faisant appel de la sentence, Guiot n’effectue aucun séjour en prison alors que de son coté le procureur général Patrick Carolus lui aussi insatisfait de la sentence, pourtant demandé par le parquet fait également appel, requérant 5 ans secs. Celui-ci sera entendu le 28 Janvier 2014 devant la cour d’appel de Bruxelles, procès auquel Guiot fera défaut. Radié de son dernier domicile connu le 17 janvier, Guiot s’est évadé dans la nature, ce qui n’empêchera pas la cour d’appel de Bruxelles le 25 Mars d’aggravé la peine à 4 ans de prison ferme pour le huissier qui est maintenant sous le coup d’un mandat d’arrêt.

Jugement de la cour d’appel de Bruxelles (25 Mars 2014) : «La peine d’emprisonnement prononcée par le premier juge est légale mais pas assez sévère pour sanctionner le comportement délictueux du prévenu qui, non content d’assouvir une passion au détriment d’une clientèle qui s’en remet à un homme de loi, a organisé ses activités pour que son patrimoine devienne insaisissable et que les parties préjudiciées soient peu, voire pas indemnisées. Portant le titre d’huissier de justice au moment des faits et ayant commis les infractions dans le cadre de ses activités professionnelles, il porte gravement atteinte dans la confiance légitime que doit nourrir tout citoyen dans les personnes revêtues de cette fonction. Le préjudice est grave, tant sur le plan humain que sur le plan matériel, puisqu’il se chiffre en millions d’euros.»

Caché à Dubaï (Émirats Arabes Unis), il est arrêté en région liégeoise ou réside sa nouvelle compagne fin août 2014. Le 10 Septembre, il comparaît devant la cour d’appel de Bruxelles et réclame d’être rejugé en sa présence tout en précisant qu’il ne conteste pas les charges ni les montant mais qu’il souhaite simplement une diminution de peine.

Lors du nouveau procès tenu le 23 octobre, l’avocat de la défense Me Alain Vergauwen insista sur le fait que ‘’Guiot n’a pas volé avec une intention méchante. S’est sa mégalomanie qui a ruiné sa carrière. Il n’a jamais rien voulu d’autre qu’entreprendre, que réaliser des rêves qui l’ont aveuglé. Dans son esprit, il aurait emprunté plutôt que voler’’. De son côté le procureur général requiert une peine de prison mais ne s’oppose pas à un sursis partiel.

Le 28 Novembre 2014, la cour d’appel de Bruxelles rend son jugement. Marc Guiot est condamné à 3 ans de prison avec sursis pour ce qui excède la durée de la détention préventive déjà purgée. Les seules vraies sanctions étant la confiscation de 2.5 millions d’euros sur tout ce qu’il possède ou possédera ainsi qu’une interdiction de toute activité commerciale.

*NOTE : En aucun moment Bas Leinders ne fut au courant ou complice ce ces escroqueries.

 

SOURCE: dhnet.be (1) (2) (3) (4) (5), lavenir.net (1) (2) (3) (4) (5) (6) (7) (8) (9) (10) (11) (12), motorsport-total.com, nieuwsblad.be

L’histoire derrière la commandite du land de Kärnten en 2005

Né à Wolfsberg dans le land autrichien (Bundesländer) de Carinthie (Kärnten), Patrick Friesacher obtient en 1994 l’appui financier de Red Bull alors qu’il est toujours en karting. Montant les échelons il dispute le championnat international de F3000 à partir de 2001 dans le Red Bull Junior Team. Suite à sa meilleure saison en 2003 (incluant 1 victoire) Red Bull décide de lui retirer son appui. S’étant trouvé un volant avec Super Nova pour 2004 qu’il complète chez Coloni, Patrick bénéficie d’une commandite de € 100 000 de son land. Le 22 Novembre 2004, il effectue son premier essai en F1 au volant d’une Minardi PS04B sur le circuit de Misano.

Satisfait de son travail, Minardi lui offre un contrat de pilote d’essais, les baquets de titulaires étant déjà accordé à Christijan Albers alors que le danois Nicolas Kiesa à une option sur le 2e dont la date butoir est le 14 Février 2005.

Kiesa n’ayant pas été en mesure d’amasser la somme demandée par l’équipe, le gérant de Friesacher, Tamás Frank obtient que son pilote soit promu au poste de titulaire, contre un apport de 5$ million US, dont 1$ million provenant du fabricant de silencieux Remus. Ainsi, la conférence de presse prévu le 15 Février au Casino de Velden (Aut) devant servir a présenté Patrick comme pilote d’essais se transforma en titularisation pour l’autrichien qui appris la nouvelle la veille par son gérant.

Présent lors de la cérémonie, le gouverneur d’extrême-droite (FPÖ, avant de créer le parti BZÖ en Avril 05) du land de Carinthie, Jörg Haider, signa le contrat du pilote à titre de témoin tout en annonçant une commandite du land de 2$ millions US.

  Jörg Haider lors de la conférence de presse au Casino de Velden le 15 Février

Bien que faisant la promotion du land, l’argent de cette commandite ne provient pas des fonds publics mais de deux hommes d’affaires russes souhaitant obtenir la citoyenneté autrichienne, un processus qui exige normalement une résidence de 10 ans, bien que ce délai puisse être réduit par le gouvernement fédéral si la demande est dans l’intérêt de la république.

Ayant fait fortune dans le secteur de l’énergie, Alexey B. et Artem B. tentent de s’établir en Autriche depuis 2002, y établissant des holdings afin de géré leurs holdings russes. En 2004, l’ABA (Austrian Business Agency – Ansiedlungsagentur des Wirtschaftsministeriums) présente plusieurs projets d’investissement aux deux hommes qui décident d’investirent 4 millions d’euros dans le projet immobilier ‘Blumenhotel’ situé dans la commune de Sankt Veit an der Glan (Carinthie). Lors des discussions avec l’ABA, l’obtention de la citoyenneté fut discutée.

Le 28 Janvier 2005, le gouverneur Jörg Haider, envoie une lettre à un avocat viennois représentant les deux hommes d’affaires, leur demandant de commandité le pilote Patrick Friesacher. N’étant pas intéresser par une commandite mais souhaitant ‘’faire quelques chose de bien pour la Carinthie’’, ils acceptent pour une somme de 2 millions d’euros (réduit par la suite à € 1.9 millions). Suite à cet accord non-officiel, l’investissement dans le ‘Blumenhotel’ est réduit de 4 à 2 millions d’euros.

Afin de gérer l’argent de la commandite, Haider envoie son chef du protocole Franz Koloini et son secrétaire Robert Seppele à la banque Hypo Alpe Adria, dont la Carinthie est le plus important client et dans laquelle Haider siège comme commissaire sur le comité de surveillance. Accueilli par le PDG Gert Zander, Koloini ouvre un compte au nom de Friesacher sans que celui-ci n’en eut été informé, n’y signé aucun documents. La somme promise par les russes se faisant attendre et sans aucune garantit mais faisant confiance au gouverneur, Zander accepta le demande d’Haider d’avancer la somme de 2$ millions US (€ 1.66 millions) à Minardi en versement mensuel de 500 000$ US à partir de Mars.

 Franz Koloini

Un premier versement d’un million US sera fait dans le compte ‘Friesacher’ par l’avocat viennois en Juillet 2005. Environs au même moment, le management de Patrick n’ayant pas été en mesure d’amasser plus que les trois millions déjà versé, à cause de promesses verbales non tenues selon Frank, le pilote se vit éjecter par Minardi suite au grand prix de Grande-Bretagne. De son coté, la banque Hypo mis de la pression sur Haider afin de régler la balance négative du compte ‘Friesacher’. En Août, Koloini promis un paiement pour la mi-septembre, puis pour la mi-novembre.

En Octobre 2005, le gouvernement de Carinthie soumet les demandes de citoyenneté d’Alexey et Artem au ministère fédéral de l’intérieur (BMI) pour approbation. Le 1er Mars 2006 la contribution de 2 millions d’euros dans le projet ‘Blumenhotel’ est annoncé, le contrat étant signé le 13. Étudiées par différents organismes (sécurité intérieure-BVT, police criminelle fédérale, ministère fédéral  de l’économie et du travail-BMWA, chambre économique autrichienne-WKO), la demande reçoit une opinion défavorable de la WKO le 12 Juin, qui fut par la suite changer suite a l’intervention du gouvernement de Carinthie, la BMWA donnant son aval le 14 novembre 2006.

Les demandes ayant dépassé les 6 mois, une nouvelle évaluation par la police criminelle fédérale fut exigée. Face à l’opinion négative du ministère de l’intérieur (BMI), Haider fit pression sur le chancelier Wolfgang Schüssel (ÖVP) la ministre de l’intérieur Liese Prokov (ÖVP) ainsi que sur le ministre de l’économie Martin Bartenstein (ÖVP). S’en suivi un dossier incluant une opinion favorable du BMI qui fut présenté le 10 Janvier 2007 lors du dernier conseil des ministres du gouvernement fédéral de coalition (ÖVP – BZÖ) au cours duquel la citoyenneté fut accordée.

Le 31 Janvier, la somme de € 900 000 fut déposée par les russes dans le compte ‘Friesacher’ et le 1er Février 2007, à la demande de Haider, Koloini dissous le compte et transfère le surplus de € 190 000 (€ 197 032.8 avant déduction des frais bancaires) du compte ‘Friesacher’ dans un nouveau compte à la Volksbank. De celui-ci il retire € 30 000 en liquide et dépose le reste dans deux comptes épargnes. Selon Koloini, il aurait remis l’argent en mains propres à Haider qui trouve la mort le 11 Octobre 2008 dans un accident de la route à Köttmannsdorf alors qu’il a un taux d’alcool de 1.8 gramme alors que la limite légale est de 0.5.

En Mai 2010, le bureau fédéral de lutte et de prévention de la corruption (BAK) procède à l’interrogatoire de Koloini à Klagenfurt a propos du surplus du compte ‘Friesacher’.

Accusé de blanchiment d’argent, alors qu’Alexey, Artem et leur avocat font face à des accusations de corruption, le procès débute le 12 Octobre 2011 au tribunal régional de Vienne (Straflandesgericht). Au cours de celui-ci, Koloini affirme ne pas savoir ce qui est advenu du surplus mis dans les comptes épargnes et ne jamais avoir pensé que celui-ci pouvait résulter d’un acte criminel. De leurs côté Alexey, Artem et leur avocat affirment n’avoir voulu que faire quelques chose de bien pour le land et qu’ils ne se sont pas fait promettre la citoyenneté en échange. Le 14 Octobre, la juge Gerda Krausam acquitte les 4 accusés, le lien entre la citoyenneté et l’argent n’ayant pas été prouvé tout comme la connaissance par Koloini, que l’agent provenait d’un acte illégal d’Haider.

Le 17 Août 2012, le tribunal supérieur de Vienne (OLG) abrogea le jugement. Un nouveau procès eu lieu en Janvier 2013 avec le même verdict rendu par la juge Stefanie Öner le 28 Janvier. Suite à cette deuxième défaite, le bureau du procureur d’état de lutte au crime de col blanc et de corruption (WKStA) décide de ne pas faire appel, rendant le jugement définitif.

 

(SOURCES: parlament.gv.atf1rejects.commotorsport-magazin.comktnv1.orf.at (1) (2)ots.at, derstandard.at (1) (2) (3)wien.orf.at (1)kurier.atwienerzeitung.at)

Robert Doornbos doit payer 10.6 millions à Muermans

De 2004 à 2008, l’homme d’affaire Harry Muermans et  le pilote Robert Doornbos avaient une relation qu’on pouvait qualifier de père et fils mais depuis la relation s’est envenimée jusqu’à en arrivé le 27 Février dernier à un jugement du tribunal obligeant Robert Doornbos à payer la somme de 10.6 millions d’euros à M. Muermans.

Depuis plus de 25 ans, le groupe Muermans propriété d’Harry Muermans développe et investit dans l’immobilier aux Pays-Bas, en Belgique, en Allemagne et aux États-Unis. Avec une fortune personnelle de 138 millions d’euros en 2007, M. Muermans se classe au 185e rang des 500 plus grandes fortunes des Pays-Bas du magazine Quote.

En 2003, le groupe fait son entré en F1 en commanditant le pilote Jos Verstappen ainsi que l’équipe Minardi. Verstappen ne s’étant pas trouvé de volant pour la saison 2004, Muermans tourne son support vers le pilote Robert Doornbos ce qui lui permet de participer pour le compte de l’équipe Jordan à la première séance d’essais libre des trois derniers grand prix de la saison. Afin de gérer les revenues du pilote, Muermans et Doornbos crée la société Eagle Corporate S.A. dans les îles vierges britanniques.

Rempilant en 2005, il participe à 9 premières séances d’essais libres lors des 11 premiers gp après quoi il devient titulaire chez Minardi pour  les 8 manches restantes.

Pour 2006, Harry Muermans se rend au siège de Red Bull en Autriche et conclu une entente de 6.5 millions d’euros par une simple poigné de main faisant de Doornbos le pilote d’essais de l’équipe Red Bull Racing. Après l’entente, Doornbos aurait demandé avec incrédulité s’il n’y avait pas de poste de pilote titulaire pour cette somme. Participant à toutes  les 1ere séances du vendredi, il est titularisé lors des trois dernières manches, avec comme meilleur résultat, 2 fois 12e.

Gardant le poste de pilote d’essais chez Red Bull en 2007, mais sans participation aux essais libres, Doornbos participe au championnat Champ Car dans l’équipe Minardi Team USA appartenant à son patron de 2005, Paul Stoddart. Pour la saison 2007, Muermans a déboursé 1 million 750 milles euros.

LA FÊTE PREND FIN

La crise du marché immobilier en 2008 ainsi qu’un investissement dans un projet qui s’avérera frauduleux fait très mal au groupe Muermans (les rapports de 2010 montre une perte de plus de 7,5 millions d’euros ainsi qu’un capital social négatif de 42 millions sur un total de 67 millions d’euros). En 4 ans, Muermans à dépenser 11 millions d’euros sur la carrière de Robert Doornbos et Harry veux revoir cet argent qui selon lui n’était pas une commandite mais un prêt.

En 2009 il intenta une poursuite de 970,000 € contre la société de gestion Robert Doornbos B.V. (dirigé par la sœur de Robert) pour des gains non partagé dans Eagle Corporation. Déclaré coupable en mai 2012, Robert refuse de payer ce qui amène Muermans a demandé la mise en faillite de la B.V. (dont les dettes s’élève à € 190,000 en 2010) ce qui lui est accordé par la cour du district de Rotterdam le 27 Juillet avant d’être renversé en appel le 26 Octobre. En contre attaque, Muermans fait saisir les droit de la marque de commerce ‘Bobby D.’, un alias créer par Robert en 2009 avec comme but de la mettre aux enchères en Février 2013.

Alors que toute cette agitation ne concernait qu’un seul million, une poursuite de € 13.2 millions est déposée contre Robert Doornbos par Muermans le  30 Octobre 2012 à la cour de Roermond. Le 12 Mars 2014, le juge déclare ‘’la demande de remboursement des prêts n’est pas éligible’’ en plus de rejeté les pénalités exigées par Muermans. Suite à la décision, Doornbos déclara ‘’C’est si bon, ça a détruit ma carrière mais heureusement ce juge a compris comment c’est, enfin la justice’’. Porté en appel, la cour de Den Bosch rend son verdict le 27 Février 2018, l’argent investit par Harry Muermans était bel et bien un prêt et non une commandite. Comme sentence Robert Doornbos doit payer 10.6 million d’euros à Harry Muermans. Robert peux toujours faire appel de ce jugement devant la cour suprême des Pays-Bas.

Source : 2thetrack.com, drimble.nl, f1pits.net,  formule1.nl,  gpupdate.net, limburger.nl, muermans.nl, panorama.nl, quotenet.nl, raceexpress.nl, rtlnieuws.nl, sonnymotke.nl

La Minardi rose

En 2017, suite à la signature d’une commandite avec la société autrichienne BWT (Best Water Treatment) spécialisée dans l’adoucissement de l’eau, l’équipe Force India changea complètement sa livrée passant d’un mixte argent/noir à rose afin de satisfaire son nouveau partenaire. En 2005, CO2 Neutraal tenta la même chose chez Minardi mais le résultat fut tout autre.

Commanditaire de l’équipe Minardi ainsi que du pilote néerlandais Robert Dorrnbos qui se joindra a celle-ci à la mi-juillet, CO2 Neutraal est une marque de Terra Vitalis qui offre au public d’acquérir un hectare dans ses plantations de teck au Costa Rica afin de compenser leurs émissions de CO2, tout en promettant un retour sur investissement de 10.5%.

Minardi devant faire une démonstration avec le pilote Christijan Albers au volant d’une PS04B sur la piste de Zandvoort (Pays-Bas) lors de la manche du DTM le 28 Août, CO2 Neutraal y vit une opportunité de mousser sa campagne publicitaire et ajouta Robert Doornbos à bord de la biplace au programme de la journée.

Afin d’avoir le plus d’attention possible, CO2 se tourne vers la firme de conception graphique Wacha Design qui suivant les directives de son client, crée une livrée entièrement rose sur laquelle est apposé quelques fleurs blanche ainsi que l’inscription ‘Love, Peace & Happiness’ sur les pontons. Celle-ci se veut un clin d’œil au comportement machiste qui caractérise souvent le sport automobile.

Appliqué sur un show car Jordan EJ11 (appartenant à la compagnie Race Events Pit Box), la F1 est exposé lors du rassemblement de grands voiliers Sail Amsterdam à partir du 17 Août. Puis lors du weekend du GP de Turquie les 20 et 21 août, CO2 publia une page de publicité montrant la F1 rose dans le journal De Telegraaf en plus d’avoir son show car dans le studio de SBS Autosport pour la présentation du grand prix. De son côté, le clan Doornbos mis en circulation un dessin de la voiture. 

Comme le souhaitait CO2, la couleur inhabituelle attira l’attention mais pas de la meilleure des façons. A Istanbul, lorsqu’interroger par des journalistes à propos de cette livrée, le patron de Minardi Paul Stoddart déclara ‘’Je ne permettrai jamais a nos voitures d’être peinturé en rose, je veux que ce soit très clair. Si j’avais su cela depuis le début, nous n’aurions jamais eu ces problèmes, il y a eu une erreur de communication et nous devrons la résoudre de manière adulte’’.

Toute l’agitation entourant cette livrée força CO2 Neutraal à émettre un communiqué le 22 août, ayant comme titre ‘’Formule 1 rose, idée marketing géniale?” dans lequel la compagnie fait remarqué que le rose n’est autre qu’un mélange de rouge et blanc et que la couleur est moins importante que la campagne ‘Love, Peace & Happiness’.

Dans son communiqué de presse du 23 août concernant l’événement a venir, Minardi mentionna que sa biplace allait conserver sa livrée noire et blanche habituelle mais que des accomodements serait fait afin de satisfaire CO2 et ses partenaires.

Au final, les seules touches de rose sur la biplace se sont retrouvés sur l’inscription ‘Love, Peace & Hapiness’ sur les pontons, ainsi que sur l’emplacement des commanditaires Slam!Dating.nl sur le capot moteur, Muermans sur les côtés de l’habitacle et Phone House sur l’aileron avant.

Source: CO2.tv, De Telegraaf, F1news.nl, F1today.nl, Minardi.it, Robert Doornbos Media