Rêves brisés

Se faire offrir un contrat par la scuderia Ferrari est le rêve de plusieurs pilotes encore plus si celui-ci est italien. Mais comme dans tout contrat, il faut bien lire les termes & conditions. Voici l’histoire de trois pilotes qui malgré des contrats F1 avec Ferrari n’ont jamais participé à un grand prix avec celle-ci. Si la déception fut grande, tous ont eu la chance de piloté une monoplace ornée du cheval cabré à un stade ultérieur de leur carrière.

BRUNO GIACOMELLI

Si le grand prix F1 de Monaco est l’épreuve phare du championnat du monde, l’épreuve de F3 disputée sur le même parcourt fut le tremplin de plusieurs pilotes vers la catégorie reine.

Pilote de l’équipe officielle March, Bruno Giacomelli signe la pole position de l’édition 1976. Avant la course, Max Mosley alors directeur commercial du constructeur propose une pré-contrat pour un volant F1 associé à une somme de 5000 francs français (£ 500) que l’italien n’hésite pas a signé.

Signant la victoire après avoir mené tout les tours, Bruno est approché  par Fiamma Breschi, représentante d’Enzo Ferrari aux courses qui l’invite à se joindre à elle le lundi suivant pour une rencontre avec le « Commendatore ».

Se déroulant au restaurant Baia del Re à Modène, la première partie de la rencontre se déroula dans le silence pour Bruno alors qu’Enzo et Fiamma parlait de tout sauf de course. Puis à la fin du repas, Enzo révéla la raison de la rencontre ‘Je n’ai jamais vu quelqu’un conduire comme vous : une telle autorité, tout en douceur. J’adorerais que vous conduisiez dans mon écurie de F1 au lieu de Regazzoni’.

Si la proposition excite Bruno, il du aussi avouer à Enzo le pré-contrat qu’il vient de signer avec March, ce qui ne dérange pas Ferrari qui propose l’aide de son avocat pour aider le pilote à se sortir de cette situation. Retournant voir Mosley, Bruno dit qu’il n’a pas compris tout les détails à cause de sa mauvaise connaissance de l’anglais mais Mosley comprend rapidement ce qui se passe réellement et dit à Bruno que si Ferrari le veux, March le laisse partir sans qu’il doive remboursé les 5000 francs.

Libéré, Bruno se rend à Maranello ou Enzo ne lui offre plus de remplacer Regazzoni mais de courir en Formule 2 avec Minardi (courant alors sous le nom de Scuderia Everest) propulsé par le moteur Ferrari V6 Dino (à l’époque on prévoyait une entré en scène à la mi-saison 76. Finalement le moteur ne fera ses débuts qu’en 77).

La réponse de Bruno fut équivoque ‘Non, merci’, préférant continuer sa saison dans le championnat de F3 britannique Shell Sport qu’il remportera, faisant ses début en F1 l’année suivante avec McLaren.

Si au cours de sa carrière il ne pilota jamais de Ferrari en grand prix, il pilota la 312 T4 que pilota Gilles Villeneuve en 1979 lors d’un essai sur la piste de Varano en 1983 pour le compte du magazine Autosprint.

SOURCE : f1sport.it, autopiste.info, Autosport, Autosprint, Motor Sport Magazine

ALESSANDRO NANNINI

Malgré le manque de résultats dû principalement à la voiture lors de ses deux saisons avec Minardi, les performances affichées par Alessandro Nannini attire l’œil de l’équipe Benetton pour qui il court de 88 à 90, signant une victoire au Japon en 89, suite à la disqualification d’Ayrton Senna.

Au cours de la saison 90, Ferrari montre un certain intérêt pour le pilote français Jean Alesi qui court pour Tyrrell et qui à signé un pré-contrat avec Williams pour la saison à venir. Si la titularisation par Williams tarde à se faire, l’annonce de retraite à la fin de la saison de Nigel Mansell (Ferrari) suite au grand prix de Grande-Bretagne met la scuderia dans une situation délicate. Son premier choix n’est pas libre, de plus Tyrrell cherche des avis légaux concernant certaine clause du contrat Williams, ce qui pousse le directeur sportif Cesare Fiorio à chercher un plan B tout en gardant la porte ouverte pour le français.

Ayant dirigé Nannini dans le championnat du monde des voitures de sport en 84 (meilleur tour des 24h du Mans et victoire à Kyalami) et 85 avec Lancia, Fiorio se tourne vers ce dernier pour lui proposer le volant qu’il refusa.

‘J’ai parlé avec Cesare Fiorio, que je connais depuis l’époque Lancia. Il m’a offert un contrat pour 1991, mais je n’ai pas voulu le signer parce que ce n’était pas exclusivement pour la Scuderia. Ils auraient pu me mettre avec n’importe quel type d’équipe utilisant un moteur Ferrari – comme une Minardi – ce qui ma mis en en colère contre lui’.

Au final, Alesi signera avec Ferrari qui compensera Williams. De son côté, Nannini sera impliqué dans un accident d’hélicoptère le 12 Octobre 90 qui endommagea son avant-bras droit mettant fin à sa carrière en F1.

Suite à sa réhabilitation, Alessandro fut invité par la scuderia à testé sa F92A équipé d’un volant spécialement modifié grâce auquel il compléta 38 boucles du circuit de Fiorano.

SOURCE: Motor Sport Magazine (Janvier 2015), Autosport

PIERLUIGI MARTINI

Peu avant le grand prix d’Australie 91, Alain Prost est congédié par Ferrari après avoir comparé sa monoplace à un camion. Remplacé par Gianni Morbidelli, ce dernier n’est pas retenu pour la saison 92, la scuderia se tournant vers son coéquipier chez Minardi, Pierluigi Martini.

Si la clause de non-exclusivité présentée à Nannini en 90 fut la pierre d’achoppement de l’accord, celle-ci ne posa pas de problème à Martini qui signe le contrat dans le plus grand secret.

Si l’entente avec Martini a été conclue sous la direction de Claudio Lombardi, ce dernier est remplacé par Sante Ghedini au début Novembre 91.

Ayant signé avec la Scuderia Italia pour la saison 92, l’italien Ivan Capelli se fait offrir un contrat par Ghedini que le pilote accepte de signer. Le 22 Novembre, Ferrari annonce officiellement sa paire de pilote pour la saison à venir qui se composera de Jean Alesi et Capelli, la Scuderia Italia qui sera motorisé par les V12 Ferrari faisant de même en annonçant Pierluigi Martini comme coéquipier de JJ Letho.

Ayant disputé deux saisons au volant de monoplace motorisé par des moteurs Ferrari, Pierluigi à finalement la chance de piloté une monoplace de la scuderia le 27 Septembre 95 à Fiorano, soit le jour suivant l’annonce de la titularisation d’Eddie Irvine comme coéquipier de Michael Schumacher pour la saison 96.

Au volant de la 412 T2, Martini ainsi que Luca Badoer, Giancarlo Fisichella et Gianni Morbidelli ont chacun droit à 40 tours du circuit, Badoer signant le meilleur chrono (1.04.81) alors que Martini signe le temps le plus lent (1.05.94).

SOURCE : Autosport [1], Romagnanoi.it, Ferrari.com, Motor Sport Magazine (Janvier 92)

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